•  

     

    Le chat et l'oiseau

     

    Un petit roitelet chantait, tout guilleret,
    A qui voulait l’entendre, sa joie, de bon matin
    Il observait prudent le très joli jardin
    Où quelques graines éparses lui feraient un dîner.

    Il y avait aussi quelques miettes de pain
    Que l’on mettait pour lui, ainsi que de l’eau claire
    Mais somnolant en boule, un œil semi ouvert
    Il y avait un chat, rêvant d’un bon festin.

    L’oiseau était tenté, mais d’extrême prudence
    Et le chat attentif attendait le moment
    Ou abaissant sa garde et friand de pitance
    Le gentil roitelet tomberait sous sa dent.

    La taille sans rapport avec l’intelligence
    Notre chat attendait, sans trop se fatiguer
    Et l’oiseau eut l’idée d’entamer une danse
    Jusqu’à l’en étourdir, au-dessus de minet.

    Il est un peu bêta, se disait l’oiselet
    S’il attend que je tombe tout chaud comme un rôti.
    Je m’en vais l’agacer jusqu’à l’en épuiser
    Et je prendrais mes graines quand il sera groggy.

    Et il vola, dansa, une vraie sarabande
    Chantant à pleins poumons piquant et remontant
    Dans un bruissement d’ailes plus léger que le vent
    Etourdissant le chat qui, sans qu’on lui demande,

    Rentra dans la maison et sur un beau coussin
    S’étendit dans le calme et reprit ses beaux rêves.
    Cet oiseau lui avait donné comme une fièvre
    Il lui fallait dormir, on verrait bien demain.

    Et l’oiseau tout content de sa belle trouvaille
    Se promit de refaire le coup du grand danseur
    Quand on sait ce qu’on veut, peu importe sa taille
    Si on réfléchit bien, on s’en sort en vainqueur.

    © Marie Le Corre, 13 septembre 2006

     


    12 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires